Politique Intérieure

Politique intérieure

Après 30 ans de conflit, l’Angola a retrouvé la paix avec l’accord de cessez-le-feu de Luanda du 4 avril 2002. Des troubles sporadiques persistent cependant dans l’enclave de Cabinda entre les forces gouvernementales et les mouvements indépendantistes malgré la signature, le 1er août 2006, d’un mémorandum d’entente pour la paix et la réconciliation dans la province de Cabinda.

Le gouvernement angolais a entrepris un vaste effort de reconstruction des infrastructures du pays (routes, chemin de fer, aéroport, hôpitaux, logements, hôtels, bâtiments publics ...), la plupart ayant été détruites pendant la guerre civile.

Depuis l’indépendance (1975), le pays est dirigé par la Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA). Le Président José Eduardo Dos Santos a succédé au Président Agostinho Neto en septembre 1979. Le 5ème Congrès ordinaire du MPLA (129 députés sur 223 au total) en décembre 2003 a réélu son président, M. José Eduardo Dos Santos, pour 5 années supplémentaires.

Le principal parti d’opposition, l’UNITA (“Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola”, 67 députés), a obtenu en décembre 2002 la levée des sanctions à son encontre par le Conseil de sécurité et la désignation de gouverneurs dans les provinces où il est majoritaire : Uige, Lunda Sul et Cuando-Cubango. En vertu des accords de Lusaka (1994), l’UNITA participe au Gouvernement d’Union et de Réconciliation nationale avec 4 ministres (Santé, Hôtellerie et Tourisme, Commerce, Géologie et Mines) et 7 vice-Ministres. M. Isaïas Samakuva a été réélu à la tête du parti lors du congrès de juillet 2007 avec 73% des suffrages . Une dizaine d’autres partis se partage le reste des sièges parlementaires, dont le parti historique du FNLA (5 sièges).

Le dernier processus électoral, inachevé, remonte à septembre 1992 et de nouvelles élections sont annoncées pour les 5 et 6 septembre 2008 (législatives) et 2009 (présidentielles). Une commission nationale électorale de onze membres, à dominante MPLA, a été nommée en août 2005 et le processus d’enregistrement électoral, commencé le 15 novembre 2006, s’est terminé le 15 septembre 2007 (8 millions d’électeurs inscrits). L’Angola a accepté l’envoi d’une mission européenne d’observation des élections législatives.

La situation humanitaire et sociale reste précaire : 68,2% de la population dispose de moins de 2$ par jour pour vivre, environ 60% de la population est au chômage et l’espérance de vie n’est que de 42 ans. 60 à 70% des infrastructures de santé ont été détruites pendant la guerre et plus de la moitié de la population n’a pas accès à des structures de santé de base et à l’eau potable. La dégradation de l’état sanitaire est mise en évidence par des épidémies récurrentes de choléra (plus de 70 000 cas en 2006 dont 2800 morts). La guerre civile a entraîné un déplacement des campagnes vers Luanda, engendrant une pression difficilement soutenable (5 millions d’habitants alors que son infrastructure était conçue pour 600 000) et une recrudescence de la violence et du banditisme. Le Programme des Nations Unies pour le Développement classe l’Angola au 162ème rang sur 177 en termes de développement humain.

Si les moyens sanitaires, matériels et humains sont largement déficients, l’Angola connaît cependant, du fait de l’isolement lié à la guerre pendant de nombreuses années, le plus bas taux d’infection du virus du Sida en Afrique australe ( 3,9 % de la population selon une étude suédoise).

Les mines antipersonnel (entre 6 et 8 millions), réparties à travers le pays, continuent à faire des victimes. Les séquelles de la guerre sont également visibles avec la difficulté de réintégration dans la vie civile des ex-combattants (ceux de l’UNITA dans un premier temps et actuellement, les soldats des Forces Armées Angolaises dont l’effectif devrait passer de 110 000 hommes à 50 000 d’ici 2015), le désarmement de la population civile ou encore le retour des populations déplacées. Les opérations de rapatriement volontaire des réfugiés angolais installés au Congo, RDC, Zambie, Botswana et Afrique du sud ont été officiellement arrêtées en mars 2007. Elles ont permis le rapatriement de près de 410 000 réfugiés et la réinstallation de 4,3 millions de personnes.

Mise à jour : 16.05.08

Dernière modification : 06/09/2008

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