La Coopération française en Angola

La coopération française en Angola dont les lignes sont définies par l’Ambassadeur est mise en place et suivie par le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade (SCAC).
Les actions soutenues par l’Ambassade sont orientées sur trois axes principaux :
- enseignement supérieur, coopération universitaire et recherche,
- promotion de la langue française et coopération linguistique,
- action culturelle.

I/ Enseignement supérieur, coopération universitaire et recherche

Enjeu fondamental pour le développement de l’Angola, l’enseignement supérieur est une priorité de la coopération française dans le pays et bénéficie d’une part très importante de ses moyens, en assistance technique (un conseiller auprès du Ministre de l’Enseignement Supérieur), crédits d’intervention et projet du Fonds de Solidarité Prioritaire.
Les interventions s’articulent autour des thèmes suivants :

Le développement de l’enseignement supérieur technologique

Le projet du Fonds de Solidarité Prioritaire ANGOSUP d’« Appui à la structuration et à la création des formations technologiques dans l’Enseignement Supérieur public en Angola » a permis l’installation d’établissement et de cursus structurant l’enseignement supérieur technologique en Angola :
- Ingénierie et organisation de la maintenance industrielle, à l’université « Onze de Novembro », à Soyo,
- Ingénierie de la mécanique et de l’informatique industrielle, à l’université « Lueji A N’Konde », à Saurimo,
- Création de l’Institut Supérieur de Technologie Agroalimentaire de Malanje (ouverture académique en mars 2015
Ces formations constituent un pilote pour un futur réseau des écoles d’enseignement supérieur technique et polytechnique (EST / ESP) angolais (études et enquêtes d’analyse des besoins, conception des cursus de formation, programme de formation et de spécialisation des enseignants, articulation avec le secteur privé).

Appui au développement de la qualité dans l’enseignement supérieur
Le développement d’une politique d’évaluation et d’accréditation des formations et institutions est un objectif stratégique pour le Ministère de l’enseignement supérieur angolais. Un soutien particulier est apporté au développement d’un partenariat entre l’Institut National pour l’Evaluation, l’Accréditation et la Reconnaissance des Etudes dans l’Enseignement Supérieur angolais (INAAREES) et le Haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur français (HCERES).
Par ailleurs, un soutien est également apporté à des actions visant principalement la formation des cadres de l’enseignement supérieur angolais, pilier des réformes en cours et clé de la politique de massification de l’accès aux études et d’augmentation de la qualité dans les institutions d’enseignement supérieur.

Programme de bourses d’études en France

En partenariat avec l’INAGBE, Institut National Angolais de Gestion des Bourses d’Etudes, l’Ambassade de France en Angola met en œuvre le programme de bourses Angola – France(BAF) qui permet de former en France des angolais aux niveaux Licence professionnelle (3 ans), Master (2 ans) ou Doctorat (3 ans) dans les domaines jugés pertinents. Le programme bénéficie d’un large cofinancement Angolais.
Le programme de bourses Quai d’Orsay Entreprises (QOE), cofinancé les entreprises partenaires et par l’Ambassade de France, est également développé en complément du programme BAF.

Réalisés :

• en 2011, 23 boursiers dont 17 en Licence et 6 en Master
• en 2012, 32 boursiers dont 25 en Licence (18 INAGBE + 7 QOE) et 7 en Master
• en 2013, 36 boursiers dont 30 en Licence (26 INAGBE + 4 QOE), 2 en Master et 4 en Doctorat

Prévision pour 2014 : 47 boursiers dont 37 en Licence (30 INAGBE + 7 QOE) et 10 Master, Doctorat

II/ Promotion de la langue française et coopération linguistique

Le soutien à l’enseignement du français est un axe essentiel de la coopération française en Angola, qui a bénéficié d’un projet FSP spécifique (ADELFA, 2008-2012) avec pour principal résultat la formation des premiers cadres pour l’enseignement du français susceptibles d’accompagner la croissance exponentielle du système éducatif : création du premier Master en « Didactique du FLE » à l’ISCED de Luanda, formations à distance, appui institutionnel et formation des cadres, équipements de centres de ressources, expertises pour un nouveau manuel.

Néanmoins, la création à rythme accéléré d’écoles et d’universités permise par le développement économique n’a pu être accompagnée par la mise à disposition des ressources humaines nécessaires, ni en qualité, ni en quantité : aussi, la priorité est de former rapidement le plus grand nombre possible d’enseignants démultiplicateurs en favorisant la création de nouvelles structures de formation (départements de français, masters) au sein des nouveaux établissements et d’améliorer la qualification des enseignants en place par une politique volontariste d’actions de formation continue et de bourses, de stages comme d’études.

Les quatre axes de développement pour la langue française, développés soit directement par le Scac, soit en collaboration avec ses partenaires (l’Association des enseignants de français d’Angola - AEFA, le Bureau d’études pour la langue française ou BELFA, du ministère de l’Education, et le réseau des Alliances françaises) sont ainsi définis :

a) Développement des départements de français du supérieur :

-  Poursuite de l’appui au Master en Didactique du FLE de l’ISCED de Luanda avec extension possible aux ISCED de Lubango et de Uige ; appui à la création de nouveaux masters angolais plurilingues ;

-  Soutien à la restructuration des départements de français de la Faculté des Lettres de l’UAN et de l’ISCED de Uige, appui à la création de nouveaux départements de français dans les ISCED de Huambo, de Cabinda et dans les nouvelles Ecoles Supérieures Pédagogiques provinciales (ESP) ;

-  Poursuite de la politique de bourses de masters et doctorats en cofinancement ;

b) Développement qualitatif et quantitatif de la formation des enseignants du secondaire :

-  Evaluation des curricula des Ecoles de Formation de Professeurs (EFP), des ISCED et des ESP, par une expertise structurante en vue de leur rénovation et de leur mise en cohérence ;

-  Organisation de journées et de séminaires de formation continue des enseignants en exercice par le biais du BELFA et de l’AEFA ;

-  Formation continue des enseignants en France par l’octroi ciblé (sur concours ou activités pédagogiques) de bourses linguistiques de perfectionnement ;

c) Coopération éducative au Ministère de l’Education :

-  Soutien au ministère de l’Education pour la structuration et l’encadrement de l’enseignement du français : corps de superviseurs, révision des manuels, réforme éducative, introduction du français dans l’enseignement primaire ;

-  Soutien aux quatre établissements de la MLF (Ecoles Eiffel - Total) : introduction du Delf scolaire, formation des enseignants dans une perspective d’enseignement bilingue ;

d) Présence et attractivité du français, langue économique et africaine :

-  Soutien à la mise en place du Français sur Objectifs Spécifiques : « licenciatura », voire master et département LEA à l’UAN, formations en traduction-interprétariat, tourisme, relations internationales dans les universités privées (UCAN) ;

-  Promotion de la littérature africaine francophone auprès des publics scolaires et universitaires (ouvrages didactisés) ainsi que des éditeurs angolais (UAN, Union des écrivains) ;

-  Développement d’opérations de promotion de la francophonie et de la langue française afin de favoriser son choix par le public scolaire et universitaire : édition de plaquettes, organisation de concours avec séjours en France, salons (Educa Angola), venue de conférenciers et débats d’idées.

Par ailleurs, l’Ambassade appuie l’action pédagogique des trois Alliances françaises par le bais de missions régulières de formation, par la modernisation de la bibliothèque et des équipements (installation notamment de tableaux interactifs) et par des bourses de perfectionnement pour les enseignants. Enfin, des bourses sont accordées aux agents de l’administration angolaise pour des formations linguistiques dispensées par les Alliances françaises

III/ Action culturelle

Elle est mise en place principalement à travers l’opérateur culturel du SCAC, qui est le réseau des Alliances françaises d’Angola et notamment l’Alliance française de Luanda. Elle vise également à impliquer le plus grand nombre possible de partenaires locaux privés et institutionnels.
Le SCAC soutient la diffusion et la création artistiques, arts visuels et arts de la scène en participant à des expositions, des concerts, des spectacles de danse.
L’action culturelle est également importante dans le domaine de la diffusion cinématographique en coopération avec des partenaires angolais notamment universitaires ;
Le SCAC entend développer, toujours avec le soutien de l’Alliance, une coopération dans les domaines de la traduction, de la photographie et du débat d’idées en proposant notamment des rencontres et séminaires avec des experts et personnalités (sciences sociales, communication, urbanisme …).
Enfin une coopération plus poussée avec les autres centres culturels européens et avec les pays membres représentés à Luanda devrait se mettre en place notamment à travers la création d’un cluster Eunic (Instituts culturels européens). Ce cluster permettra également d’intensifier les liens avec la représentation de l’UE en Angola.

IV/ Autres actions de coopération

Un Fonds Social de Développement (FSD) s’adressant aux ONG dans les domaines de la promotion de la femme et des populations rurales permet de mettre en place des micro-projets de coopération avec une dizaine d’ONG à Luanda et dans le sud du pays.

Une coopération dans le domaine archéologique est en cours depuis plusieurs années et devrait être bientôt complétée par des actions de formation dans le domaine de la muséologie ainsi que d’une expertise technique pour le patrimoine bâti ancien.

Dernière modification : 31/01/2014

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