Les relations économiques et commerciales entre la France et l’Angola

La visite à Luanda du Ministre français des affaires étrangères, le 31 octobre 2013, a posé les fondements d’un dialogue politique et économique renouvelé entre la France et l’Angola. Déjà, la venue à Paris d’une délégation de gouverneurs angolais en septembre 2013, à l’invitation du Medef, et la participation réussie d’une délégation de la Banque de développement angolaise et de plusieurs coopératives au Sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand en octobre 2013, à l’initiative de cette ambassade, avaient témoigné d’une volonté partagée et affichée d’approfondir les relations. La refondation de celles-ci devrait constituer le prélude à des échanges de part et d’autre, à commencer par la venue à Paris du Ministre angolais des affaires étrangères, les 6 et 7 décembre 2013, afin de participer au Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité.

I - Les échanges commerciaux, en diminution régulière depuis 2008, affichent un déficit structurel en défaveur de la France

La France est le 8ème partenaire de l’Angola, à la fois comme fournisseur et comme client. En 2012, le commerce bilatéral entre la France et l’Angola s’est élevé à 1,47 milliard d’euros, en net ralentissement depuis 2008 où il avait atteint le niveau record de 3,2 milliards d’euros. Cela s’explique par la forte diminution de nos importations, constituées à 97% d’hydrocarbures. Les échanges commerciaux franco-angolais se caractérisent en effet par un déficit structurel, à notre détriment, en raison même de notre forte dépendance vis-à-vis des hydrocarbures angolais, même si le déficit s’est nettement réduit en 2012. L’Angola constitue le 36ème déficit commercial de la France et représente son 69ème débouché à l’exportation.

Récapitulatif des chiffres du commerce sur la période 2003-2012

M€ Export Variation Import Variation Solde Echanges
2003 232436 613781 -381345 842217
2004 219771 -5% 655475 7% -435704 875246
2005 297861 36% 1 405645 114% -1 107784 1 703506
2006 504510 69% 1 236936 -12% -732426 1 741446
2007 541566 7% 1 727419 40% -1 185853 2 268985
2008 505471 -7% 2 721358 58% -2 215887 3 226829
2009 541719 7% 2 356342 -13% -814623 2 898061
2010 634963 17% 1 604177 -32% -969214 2 239140
2011 585077 -8% 1 312103 -18% -727026 1 897180
2012 543927 -7% 933137 -29% -389210 1 477064

1er semestre 2013

∙ Exportations françaises vers l’Angola : 207,8 M EUR
∙ Importations françaises en provenance d’Angola : 470,1 M EUR
∙ Solde : - 262,3 M EUR
∙ Montant du commerce bilatéral : 677,9 M EUR
(Source : douanes angolaises)

1 - Les exportations françaises vers l’Angola se sont repliées de 7 % en 2012

L’Angola importe la très large majorité de ses biens, produits semi-finis comme biens de consommation finale (véhicules de transports, produits alimentaires, textile etc.). D’après les douanes angolaises, la France était, en 2012, le 8ème fournisseur de l’Angola, en livrant 3,8 % des importations angolaises, loin derrière le Portugal (18,9 %), la Chine (11,8 %) et les Etats-Unis (7,6 %). Les exportations françaises se sont élevées, elles, à 543,9 millions d’euros, soit une baisse de 7 % par rapport à 2011 (pic atteint en 2010 : 634,9 millions d’euros). Rapportée aux évolutions constatées sur les dix dernières années, la structure des exportations françaises vers l’Angola demeure cependant globalement stable et orientée vers plusieurs postes de l’industrie manufacturière au sens large.

Nos ventes sont constituées en grande partie de biens d’équipements, majoritairement destinés aux secteurs pétroliers et parapétrolier, et de produits pharmaceutiques et d’automobiles. Toutefois, la part du parapétrolier a tendance à baisser avec la diversification de nos ventes dans les produits agro-alimentaires, les produits chimiques, le machinisme agricole, et l’aménagement de la maison.

Les produits métallurgiques et métalliques, qui correspondent à 21,2 % de nos ventes, se sont repliés de 5,9 % par rapport à 2011, pour atteindre 115,2 millions d’euros. Les produits des industries agroalimentaires, qui contribuent à hauteur de 19,3 % de nos exportations, ont vu leur valeur diminuer de 11,5 % en g.a, passant de 118,7 millions d’euros à 105,1 millions d’euros. Le poste ayant subi la plus forte dégradation est celui des produits pétroliers raffinés, qui a chuté de 68,1 %, à 19 millions d’euros, pour ne représenter désormais que 3,5 % des exportations.

A l’inverse, plusieurs postes ont enregistré des évolutions positives l’an dernier. Les équipements mécaniques, et les matériels électriques, électroniques et informatiques, constitués à 58 % de machines industrielles et agricoles, ont représenté le 1er poste à l’exportation avec 26,5 % des ventes, soit une hausse de 22,5 % par rapport à 2011, pour s’établir à 144,3 millions d’euros. Les équipements électriques et ménagers ont connu la hausse la plus importante (+ 43,4 % en g.a). Les produits chimiques, les parfums et les cosmétiques, qui pèsent 6,5 % des exportations françaises, ont enregistré une augmentation de 31,4 % par rapport à 2011, pour atteindre 35,6 millions d’euros. Les ventes de matériels de transport ont, quant à elles, progressé de 5,1 % par rapport à 2011, pour constituer 16,2 % des exportations totales.

Enfin l’Angola était, en 2012, le 69ème client de la France (67ème en 2011) et s’est maintenu au 8ème rang en Afrique subsaharienne.

2 - Les importations françaises d’Angola, constituées à 99,6% de pétrole, se sont fortement contractées en 2012, concourant à une réduction du déficit commercial

Avec 933,1 millions d’euros, les importations françaises en provenance d’Angola ont fortement diminué l’an dernier (- 28,9 %), confirmant la tendance baissière amorcée en 2009. Cette baisse reflète la nette contraction de nos achats d’hydrocarbures naturels (-30,2%), qui représentent 93,7% de nos importations ; soit 874,7 millions d’euros. Le restant correspond pour 5,9 % à des achats de produits pétroliers raffinés, importations, pour un montant stabilisé par rapport à 2011, qui s’élève à 54,8 millions d’euros.

L’Angola était en 2012 le 15ème fournisseur en hydrocarbures de la France au niveau mondial, en recul de trois places par rapport à 2011. Au niveau de l’Afrique subsaharienne, le pays se replie d’une place, pour occuper désormais le 3ème rang des fournisseurs, derrière le Nigéria et la Guinée équatoriale, dont le rang a très fortement progressé ces dernières années.

Tous secteurs confondus, l’Angola était le 58ème fournisseur de la France (52ème en 2011) et le 4ème en Afrique subsaharienne (3ème en 2011) après le Nigeria, la Guinée équatoriale et le Ghana.

3 - En 2012, la présence de la France s’est également caractérisée par un stock d’IDE en augmentation de 11,4%, principalement centré sur les industries extractives

D’après les chiffres de la Banque de France, le stock d’IDE français s’élevait en 2012 à 6,7 milliards d’euros, soit une progression de 11,4% en g.a, faisant de la France le 3ème investisseur étranger en Angola, et de celui-ci le 1er bénéficiaire d’IDE français en Afrique subsaharienne avec 30% de nos engagements, devant le Nigeria (21,3%). Ce stock est en progression constante depuis 2008, mais le rythme de croissance décélère depuis 2010, le pays ayant été fortement impacté par la crise de 2008-2009.

En 2012, 95% des stocks d’IDE français en Angola étaient concentrés dans les industries extractives incluant le pétrole. Cette tendance historique est à l’image de la structure économique du pays, fortement dépendante du pétrole, qui contribue à hauteur de 45% au PIB angolais, 97% de ses exportations, et 75% de ses recettes fiscales.

Concernant les flux d’IDE français à destination de l’Angola, ceux-ci ont connu une progression de 9% pour atteindre 709 millions d’euros en 2012, alors même que le World Investment Report 2013 de la CNUCED, faisait mention d’une baisse pour la troisième année consécutive des entrées d’IDE de l’Angola (- 6,9 milliards de dollars en 2012 et -3 milliards en 2011). En 2012, l’Agence angolaise pour l’Investissement Privé (ANIP) ne dénombrait qu’un seul projet d’investissement français, réalisé par le groupe Veolia, pour un montant de 5 millions de dollars.

La communauté d’affaires française en Angola est la 4ème, derrière celles de la Chine, du Portugal et du Brésil.

• 70 implantations de tous types ; 47 filiales et bureaux de représentation d’entreprises ; une quinzaine d’entreprises individuelles ;

• plus de 20 000 employés, dont 7 000 dans les filiales ;

• des facturations annuelles de plus d’un milliard d’euros ;

• Total, opérateur historique en Angola : premier producteur pétrolier ;

• Autres : Technip, Ponticelli, Spie, Cegelec, Air Liquide, Vallourec, Bolloré, Air France, Castel, Auchan, Sodexo ;

• Environ 13 VIE ;

L’Angola reste encore un pays trop peu connu des entreprises françaises, hors secteur pétrolier, alors que le processus de diversification du tissu industriel, vital pour son économie, n’en est qu’à ses balbutiements.

En 2013, le gouvernement angolais a engagé un vaste et ambitieux programme d’investissements publics, à hauteur de 12,7 milliards d’euros, qui devrait se poursuivre en 2014 dans le même rapport. Les grands projets d’infrastructures annoncés, notamment dans les secteurs de l’habitat, de l’eau et de l’énergie, constituent l’un des principaux moteurs de l’activité économique. L’appel des autorités angolaises aux investisseurs étrangers dans ce domaine, combiné à l’insuffisance de la production angolaise dans la couverture des besoins locaux, peuvent laisser présager un effet d’entrainement favorable à une présence française renforcée.

Pour des informations complémentaires : www.tresor.economie.gouv.fr/pays/angola

Dernière modification : 09/01/2014

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