Enjeux de la diplomatie économique en Angola

Sorti de la guerre civile en 2002, l’Angola a connu une croissance moyenne de 9 % entre 2003 et 2012 grâce aux dépenses publiques. Le pays est toujours en pleine reconstruction et modernisation de ses infrastructures de base qui font encore aujourd’hui cruellement défaut malgré les sommes considérables déjà investies.

La politique économique menée ces trois dernières années par l’Angola a été payante sur le plan macroéconomique : les fondamentaux sont bons, portés par les revenus du pétrole ; en revanche, la diversification économique, tant souhaitée par l’Exécutif pour asseoir la croissance du pays, tarde à se concrétiser et les projets structurants n’avancent pas au rythme programmé.

L’Angola est pourtant un pays africain d’avenir, dont la solvabilité gagée aujourd’hui sur les hydrocarbures, et demain sur les autres richesses de son sous-sol, reste intacte. Le pays dispose d’un potentiel hydroélectrique dense, de nombreuses terres agricoles encore inexploitées (5 millions d’ha sur 58 millions ha de terres arables recensés) et d’un littoral de plus de 1 400 km.

2013 a été une année de transition, marquée par une sous-exécution des dépenses d’investissement ; 2014 devrait être celle des mises en chantiers, dont l’impact sur nos intérêts économiques ne peut qu’être positif, notamment à l’aune de la refondation de la relation économique et politique entre les deux pays, insufflée par la récente visite du ministre des Affaires étrangères à Luanda, et de l’aspiration du pays à jouer un rôle plus actif sur la scène internationale, une fois ses projets industriels concrétisés.

Nos intérêts économiques en Angola sont représentés par quelque 70 entreprises, dont une cinquantaine de filiales de sociétés françaises, mais qui opèrent majoritairement dans le pétrolier et le parapétrolier. Si notre expertise dans le secteur de l’eau commence à être sollicitée, les entreprises n’accompagnent pas encore assez le processus de diversification qui se met en marche, malgré une expertise internationalement reconnue. Outre le pétrole et l’eau, nos savoir-faire dans l’hydroélectricité et les réhabilitations de barrages intéressent l’Angola. Nous devons valoriser notre expérience en matière d’énergies renouvelables, de télécommunications, de transport (constructions de plateformes logistiques, de systèmes ferroviaires légers, de terminaux maritimes, fluviaux ou passagers dans les différents ports, réhabilitation d’aéroports, transport guidé).

Les entreprises françaises peuvent accompagner l’Angola dans la reconstruction de son potentiel agricole, afin qu’il assure la sécurité alimentaire de sa population et reconstitue ses réserves alimentaires d’ici 2017. Elles sont également en capacité d’assister les autorités angolaises dans leur volonté de maîtriser leurs eaux territoriales ou de monter en puissance dans le domaine de la santé, qui souffre d’un déficit chronique de compétences.

La compagnie aérienne nationale Air France relie Paris à Luanda à raison de deux fréquences, qu’elle opère en coopération avec la compagnie locale TAAG. Elle compte particulièrement sur l’Angola pour asseoir sa profitabilité et cherche à cet effet à sécuriser sa deuxième fréquence et à en obtenir une troisième dans le cadre de l’extension de sa coopération avec la TAAG.

Le lancement en octobre 2012 d’un fonds souverain, d’une dotation initiale de 5 Md USD et alimenté ensuite par le transfert de la vente de 100 000 barils de pétrole/jour, constitue également un important outil en faveur de co-investissements en Angola et un levier de choix pour l’attractivité de notre territoire, dès lors que nos banques d’affaires et nos banques commerciales y soient pleinement associées.

Ces dernières constituent des partenaires historiques de l’Angola. Positionnées depuis 1984 sur des activités de financement de la filière pétrolière (préfinancement de la société pétrolière publique Sonangol), elles sont également très actives dans les financements export en appui à nos exportations d’équipements, et le seront bientôt dans les financements de projets. Les banques françaises ont en effet compris tout l’intérêt que représentent les grands projets de l’Angola et plusieurs d’entre elles ont décidé de mettre ce pays au cœur de leur stratégie en Afrique Sub-saharienne.

Pour des informations complémentaires : www.tresor.economie.gouv.fr/pays/angola

Dernière modification : 09/01/2014

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