Déplacement de M. Jean-Marie BOCKEL en Angola (15 et 16 novembre 2007)

Au cours de sa visite, le secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie a été reçu par le Président Dos Santos. Après cinq années de relations bilatérales distendues et dans la perspective du déplacement du Président de la République dans le courant du premier semestre 2008, cet entretien avec le Président Angolais a permis de passer en revue l’ensemble des relations bilatérales y compris l’affaire Falcone. Ces discussions ont souligné la volonté, de part et d’autre, de donner une impulsion forte à la coopération bilatérale, de relancer le dialogue politique sur les crises régionales et de développer de nouveaux partenariats économiques.

Visite en Angola de M. Jean-Marie BOCKEL,

secrétaire d’Etat à la coopération et à la francophonie

M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la coopération et à la francophonie, , a effectué une visite de travail en Angola, du 14 au 16 novembre 2007, à l’invitation du gouvernement angolais.

La délégation était composée de 11 membres dont M. Bruno Joubert, conseiller à la Présidence de la République , M. Jean de Gliniasty, directeur pour l’Afrique et l’Océan Indien au ministère des affaires étrangères, M. Henry Zipper de Fabiani, ambassadeur, secrétaire général de la commission nationale pour l’élimination des mines antipersonnelles, un représentant du MEDEF (organisme représentatif du patronat français) et de l’Agence française de développement (AFD). Deux journalistes faisaient également partie de la délégation.

L’annonce de cette visite a été faite durant la rencontre à New York, le 24 septembre 2007, entre les Présidents de la République Française et de la République d’Angola, Messieurs Nicolas Sarkozy et José Eduardo dos Santos, la venue de M. Bockel à Luanda s’inscrivant dans le cadre de la préparation de la visite du Président Sarkozy.

Le secrétaire d’Etat à la coopération et à la francophonie a été reçu en audience par le Président de la République d’Angola, Monsieur José Eduardo dos Santos. La délégation française a participé à une réunion de travail au ministère des relations extérieures , présidée par M. George Chicoti, vice-ministre des relations extérieures en présence de M . Burity Da Silva, ministre de l’éducation, de Mme Irène Neto, vice-ministre des relations extérieures chargée de la coopération, M. Adao do Nascimento, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et M. Edouardo Serverim de Morais, vice-ministre des finances. M. Bockel a également eu des entretiens avec le général Santana André Pitra « Petroff », directeur de la Commission nationale intersectorielle de déminage et d’assistance humanitaire (CNIDAH).

De nombreux sujets d’intérêt commun ont été abordés dans un climat de sincérité et de franchise. La substance de ces échanges de vues a été donnée lors d’ une conférence de presse tenue à la résidence de France. Le secrétaire d’Etat à la coopération et à la francophonie y a confirmé que la France et l’Angola étaient prêtes à dynamiser leurs relations bilatérales.

1- M. Bockel a salué le rôle joué par l’Angola pour la paix et la stabilité sur le continent africain et en particulier dans la région australe. Il a souligné les concordances de vues entre les deux pays et a affirmé la volonté de la France de soutenir les efforts de l’Angola. Il a proposé de mettre l’expérience de la France en matière de formation au maintien de la paix au service de l’Angola dans le cadre de la coopération militaire entre les deux pays.

Répondant à une question sur la position de la France dans le cadre de la préparation du Sommet Europe/Afrique, prévu en décembre prochain à Lisbonne, M. Bockel a dit qu’il n’était pas dans l’intérêt des Européens, et plus particulièrement de la France, de refuser la présence du Président Mugabe « à partir du moment où cette position était partagée par l’ensemble des Etats africains ».

2- Abordant une ancienne source de malentendus dans les relations franco-angolaises, il a déclaré à propos de « l’affaire Falcone » qu’il convenait de requalifier les faits incriminés en « commerce illicite d’armes » et « trafic d’influence », impliquant principalement des personnalités françaises, et en aucun cas des responsables politiques angolais.

Par ailleurs, reconnaissant les efforts faits par la TAAG pour améliorer la sécurité des vols, le secrétaire d’Etat, a réitéré l’offre française de coopération en matière d’expertise. Il a ajouté que notre souhait était d’augmenter le flux des échanges aériens entre les deux pays.

S’agissant de la démocratie et des droits de l’homme, l’émissaire du Président Sarkozy a affirmé que la France était attentive aux questions relatives à la démocratie et à la bonne gouvernance, sans toutefois vouloir se positionner en donneur des leçons. « La France prône le partenariat et n’a pas l’intention de s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Angola », a-t-il déclaré en ajoutant que le Président José Eduardo dos Santos lui avait fait part de la volonté de l’Angola d’avancer dans la préparation des élections générales, de bâtir un système judiciaire efficace et de renforcer la démocratie. « Nous sommes prêts à répondre à des sollicitations d’appui à toutes les démarches allant dans ce sens », a précisé M. Bockel.

3- M. Bockel a mis l’accent sur le resserrement des liens bilatéraux en matière de coopération financière, économique et d’aide au développement.

Notre coopération est déjà ancienne et fructueuse dans plusieurs domaines : éducation de base, enseignement supérieur, diffusion du français, santé et assistance aux victimes des mines antipersonnelles. La signature prochainement d’un accord d’appui à l’enseignement supérieur entre l’Angola et la France a été annoncée.

Sur le plan économique, le secrétaire d’Etat s’est félicité de la qualité des négociations en cours au sein du Club de Paris en vue du règlement de la dette angolaise. Leur aboutissement permettra à l’Angola d’être pleinement intégré dans la communauté financière internationale et de bénéficier d’un statut favorable aux yeux des bailleurs de fonds internationaux. La reprise des activités de l’Agence française de développement et la couverture de l’Angola par la COFACE devraient renforcer notre partenariat économique. M. Bockel a invité en outre le gouvernement angolais à envisager la négociation d’ accords de protection des investissements et de non-double imposition.

La visite de M. Bockel devrait être suivie de plusieurs missions exploratoires dans des domaines particuliers (réouverture des bureaux de l’Agence Française du Développement, coopération avec le CNIDAH notamment).

La visite du Président Sarkozy est prévue en février 2008./.

Dernière modification : 05/09/2008

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